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Tourisme nautique : encore pas mal de pain sur la planche

Tourisme nautique : encore pas mal de pain sur la planche

Tourisme Québec a dévoilé les points saillants d’une étude de marché sur le développement du tourisme nautique dans les voies d’accès du Saint-Laurent à l’occasion du Symposium organisé par l’Association Maritime du Québec en avril dernier.
La Stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent touristique 2014-2020 vise à faire du Saint-Laurent «une icône touristique de calibre international». La formule est ambitieuse et on peut se demander quels sont les moyens que compte déployer Tourisme Québec pour parvenir à ses fins. Une seconde étape annoncée consistera à élaborer un plan d’affaires pour le développement du tourisme nautique à travers ses voies d’accès. On ignore encore les dates prévues pour la réalisation de ce plan.
L’étude qui sera dévoilée dans son intégralité au cours de l’été visait à dresser un portrait de la situation actuelle en regard de l’offre et de la demande relatives au tourisme nautique.
L’enquête a permis d’interroger 1096 plaisanciers propriétaires d’unités d’au moins 22 pieds, originaires pour 61% de l’Ontario, 27% du Québec, 9% des États-Unis et 2% des Maritimes. La pondération des répondants du sondage est significative pour la province voisine de l’Ontario, cliente naturelle de notre réseau nautique, mais elle demeure faible pour les États-Unis qui constitue une juteuse part du marché potentiel.
On ne sera pas surpris d’apprendre que le réseau nautique québécois est encore mal connu de nos voisins où la destination Saint-Laurent jouit toujours d’une faible notoriété. Pour un tiers des répondants anglophones, la crainte inspirée par une langue qu’ils ne connaissent pas fait partie des réticences exprimées.  Raison pour laquelle les plaisanciers des États-Unis préféreraient l’Ontario au Québec.
Logiquement, l’étude pointe sur la nécessité de renforcer la promotion de la destination Saint-Laurent sur les marchés extérieurs. Elle souligne également que les visiteurs potentiels s’inquiéteraient de la qualité des services offerts dans les ports de plaisance du Québec. L’une des conclusions de l’étude a d’ailleurs trait à une offre jugée en retard par rapport à une demande qui a évolué au fil des ans et qui se montre de plus en plus exigeante en matière de qualité des services.
Les ports de plaisance situés sur les axes laurentiens devraient donc renforcer leur prestation de service pour être à la hauteur de la clientèle étrangère. Pour les observateurs avertis du réseau nautique local, ce constat n’a rien d’une surprise. La demande des clientèles pour une meilleure qualité de service ne fait d’ailleurs que suivre une tendance générale que l’on observe dans d’autres types d’opérations touristiques.

Les ports de plaisance, de petites entreprises

L’étude interrogeait aussi les propriétaires des ports de plaisance. Sur les 201 sites sollicités, 85 ont répondu, ce qui permet de dresser un portrait approximatif de ce segment de l’industrie. 52% des répondants constituent de toutes petites entreprises qui dégagent un chiffre d’affaire inférieur à 100 000 $ par année. Seuls 6% des ports consultés dégagent un revenu dépassant le million de dollars annuellement.
Autre point marquant, les dépenses globales des ports de plaisance en marketing ne dépassent pas 2% du chiffre budget d’opération. Cette donnée est cohérente avec la précédente dans la mesure où les petits opérateurs se concentrent sur l’entretien de leurs installations et ne sont pas en position pour démarcher une clientèle lointaine.
C’est donc tout une mise à niveau dont aurait besoin les ports de plaisance pour devenir des joueurs susceptibles de générer une croissance touristique significative. Sans programme de stimulation budgétaire, on voit mal comment la situation pourrait évoluer notablement dans le futur. Le gouvernement du Québec identifiera-t-il le tourisme nautique comme une activité rentable justifiant des investissements? Les petites entreprises qui opèrent les ports de plaisance sont-elles prêtes à investir en pariant sur le développement des marchés extérieurs?
Le contexte d’affaire pourrait peut-être aider les uns et les autres à réfléchir à ces questions. Le nautisme est une activité en croissance modeste au Canada. Dans l’intervalle de 2011 à 2016, le nombre de Canadiens ayant pratiqué une activité nautique a progressé de 38% à 43%. Des données plus spécifiques indiquent qu’un tiers des plaisanciers canadiens sont à la retraite et que 13% d’entre eux disposent de revenus familiaux supérieurs à 200 000 $ par an.

À propos de L’Escale Nautique

L’Escale Nautique est une publication indépendante qui sert le marché de la navigation de plaisance depuis 1995. Elle présente aujourd’hui le plus fort tirage payé de toutes les publications nautiques au Québec. L’Escale Nautique est distribuée à tous les membres de la Fédération de voile du Québec, ainsi qu’aux membres francophones des Escadrilles canadiennes de plaisance.

Le Guide du tourisme Nautique est un guide de navigation publié chaque année depuis 1997. Il s’agit à l’heure actuelle du guide de navigation le plus documenté des principaux plans d’eau du Québec, scrupuleusement remis à jour chaque saison.

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