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Signaux de détresse électroniques, Transports Canada pas pressé

Signaux de détresse électroniques, Transports Canada pas pressé

Les États-Unis ont défini depuis 2015 les caractéristiques des feux de détresse électroniques approuvés par les autorités fédérales à bord des bateaux de plaisance. Ce changement de réglementation a créé un marché pour ces nouveaux équipements de sécurité que l’on retrouve également au Canada, mais qui ne sont toujours pas approuvés par Transports Canada.

Une situation qui oblige encore les plaisanciers canadiens à se procurer des feux pyrotechniques – feu à main, fusée à étoile et fusée parachute – tous les quatre ans.

Le législateur spécifie le nombre et le type de signaux visuels à bord, mais il ne se préoccupe aucunement de la mise au rencart d’équipements dont on ne peut se débarrasser facilement et qui s’empilent souvent dans les coffres des embarcations. Les programmes de récupération mis en place par des organisations bénévoles sont loin de suffire à la tâche et le bilan environnemental de ces équipements n’a rien de particulièrement brillant.

L’apparition des signaux visuels pyrotechniques maritimes date de la seconde moitié du XIXe siècle. Ils ont contribué à sauver beaucoup de vies, mais il est légitime de se poser la question de leur utilité et de leur pertinence dans l’environnement nautique du XXIe siècle.

Au Canada, les statistiques de la Garde côtière indiquent que les demandes d’assistance pour des situations d’urgence ou de détresse se font majoritairement par radio VHF et par téléphone mobile. Il faudrait probablement fouiller exhaustivement les archives des rapports des centres de coordination des opérations de sauvetage pour y retrouver une situation où les signaux visuels ont joué un rôle déterminant pour alerter les équipes de sauvetage.

Les signaux visuels ne sont pas pour autant obsolètes, mais ils trouvent principalement leur utilité dans les interventions en haute mer. Lorsqu’un équipage doit quitter le navire pour embarquer dans un radeau de détresse, les signaux visuels deviennent des équipements de première importance pour signaler sa présence aux sauveteurs. Une situation très spécifique qui ne cadre guère avec la réalité de la majorité des plaisanciers canadiens, mais qui suffit à justifier la présence des fusées à bord.

Sans remettre en question la pertinence des signaux visuels à bord, la moindre des choses consisterait tout de même à étudier sérieusement les alternatives qui permettraient de se débarrasser des fusées et autres feux à main, dont la manipulation n’a rien d’une partie de plaisir et comporte même certains dangers.

Tous ne sont pas d’accord relativement à la visibilité des feux électroniques en plein jour; plusieurs auteurs indiquent leur préférence pour les feux pyrotechniques alors que d’autres accordent leur pleine confiance aux signaux électroniques au laser.

Là où les signaux électroniques font l’unanimité, c’est dans leur autonomie. Ils sont efficaces pendant plusieurs heures alors que les feux pyrotechniques ne le sont quelques secondes et tout au plus une minute pour la fusée parachute. Ces équipements n’ont pas de date de péremption et il suffit de changer leur batterie pour garantir leur fonctionnalité pendant de nombreuses années.

Je n’ai aucun doute sur le fait que les autorités canadiennes finiront un jour par emboîter le pas à leurs homologues américains. Ces feux finiront par être approuvés au Canada – il existe actuellement un comité qui s’occupe du sujet – mais ne soyons pas pressés. La machine fédérale en a probablement pour encore plusieurs années. La mise à jour de la réglementation nécessite la modification de Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada qui, rappelons-le, fait autorité pour la pratique de la navigation de plaisance.

Ça me laissera probablement suffisamment de temps pour remplir au moins un autre coffre de fusées pyrotechniques.

Michel Sacco

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