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Magazines dans la tourmente, lecteurs à la rescousse

Magazines dans la tourmente, lecteurs à la rescousse

La crise qui affecte les médias traditionnels a tout de la tempête parfaite. Revenus publicitaires en chute libre, multiplication des plateformes d’information, vampirisation des contenus par les supports numériques sans contrepartie financière, les modèles d’affaire sont en complète redéfinition au profit de nouveaux acteurs qui avalent à grosses bouchées les parts de marché. Les médias imprimés ne sont pas les seuls à faire les frais de ces bouleversements. L’année 2017 a vu pour la première fois le secteur numérique dépasser la télévision dans les recettes publicitaires.

Dans un rapport percutant sur l’avenir des médias commandé par le gouvernement Trudeau, M. Edward Greenspon, ancien éditeur du Globe and Mail, on apprend que la part des publicités numériques accompagnant l’actualité en ligne obtenue par les éditeurs canadiens s’est limitée à un tout petit peu plus de 11 % contre plus de 82% pour Google et Facebook.

M. Greenspon suggère que l’aide à la transformation numérique dont va avoir besoin le monde des médias imprimés devrait provenir d’une contribution fiscale de Google et Facebook. Je suis curieux de savoir ce qu’en pense l’ineffable Mélany Joly qui ne semble pas comprendre que la taxation devrait suivre la consommation là où elle s’effectue.

L’Escale Nautique n’échappe pas à la tempête, mais nous avons au moins une bonne raison de ne pas nous décourager. Nous sommes le seul magazine nautique québécois possédant un tirage payé. En clair, la seule publication nautique à vendre ses copies au lieu de les distribuer gratuitement. Cette particularité nous permet de bénéficier d’une subvention récurrente de Patrimoine Canada par le biais du programme d’aide aux éditeurs. Pour chaque copie vendue, nous obtenons une aide d’un peu plus d’un dollar. À l’heure où les revenus publicitaires se tarissent, cet apport est névralgique.

Comme d’autres médias qui s’appuient sur la solidité et la pertinence de leur contenu pour espérer le monétiser, nous avons mis en place au début de l’année 2017 de nouvelles applis de lecture en ligne tarifées. Tous nos abonnés peuvent désormais bénéficier d’un accès gratuit aux versions numériques du web et de l’Appstore, en autant que nous puissions disposer de leur adresse de courriel pour authentifier leur accès en ligne.

Cette transition numérique ne s’est pas faite sans douleur et plusieurs d’entre vous ont connu des difficultés de connexion. Nous avons beaucoup travaillé pour les régler, l’année 2018 devrait mettre un terme à la soupe informatique dans laquelle nous avons dû nous plonger pour être en mesure de vous offrir un service digne de ce nom.

À nos abonnés affiliés de la Fédération de voile du Québec et des Escadrilles canadiennes de plaisance, qui ont aussi accès gratuitement à ces versions numériques, nous demandons de vous tourner vers vos associations respectives pour connaître les détails autorisant vos accès. Nous avons inclus une page d’information relative à ce sujet dans le présent numéro. Vous la trouverez en page 56 de la version en ligne.

À quoi ressemblera l’avenir des magazines spécialisés ? Il n’est peut-être pas aussi sombre qu’on l’imagine dans la mesure où nos publications représentent des produits de niche diffusant une information très spécialisée. Patrimoine Canada prépare une révision de son programme d’aide aux éditeurs. Que nous réserve la ministre du Patrimoine Mme Joly dont on peut craindre le pire au regard de la légèreté avec laquelle elle a mené l’affligeante affaire Netflix ? Il est probable qu’elle nous poussera encore davantage vers le numérique, elle qui semble considérer les médias imprimés comme autant de dinosaures voués à la disparition. Si un remaniement ministériel devait l’expédier sur la Lune, nous serions certainement nombreux à vouloir lui payer son billet.

J’ignore si nous pourrons compter sur le support de la classe politique, éternellement en retard sur les initiatives des crocodiles de la Silicon Valley qui siphonnent impunément notre économie pendant que notre sémillant premier ministre se gargarise d’égo portraits. J’ai une bien plus grande confiance dans la fidélité de nos lecteurs qui nous suivent depuis maintenant 23 ans dans notre aventure éditoriale. Dans les circonstances, ce sont des équipiers indispensables que nous serons plus heureux que jamais d’accueillir à bord.

Michel Sacco
Éditeur

PS : Pour connaître la liste des magazines bénéficiant d’un tirage payé, consultez le lien suivant :http://canada.pch.gc.ca/fra/1458569855796

Patrimoine Canada n’a pas mis à jour cette liste depuis 2015.

À propos de L’Escale Nautique

L’Escale Nautique est une publication indépendante qui sert le marché de la navigation de plaisance depuis 1995. Elle présente aujourd’hui le plus fort tirage payé de toutes les publications nautiques au Québec. L’Escale Nautique est distribuée à tous les membres de la Fédération de voile du Québec, ainsi qu’aux membres francophones des Escadrilles canadiennes de plaisance.

Le Guide du tourisme Nautique est un guide de navigation publié chaque année depuis 1997. Il s’agit à l’heure actuelle du guide de navigation le plus documenté des principaux plans d’eau du Québec, scrupuleusement remis à jour chaque saison.

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