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Abandon des cartes papier aux États-Unis, le Canada suivra

Abandon des cartes papier aux États-Unis, le Canada suivra

La décision de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) est dans l’air du temps, mais elle n’en constitue pas moins une petite révolution. L’agence américaine cessera de produire des cartes en papier et des versions électroniques de ces mêmes cartes, d’offrir le service d’impression de carte à la demande et de publier des PDF de son catalogue cartographique. En fait, c’est toute la base de données qui servait à la mise à jour des cartes en papier qui cède la place à une base de données vectorielle. La transition débute cette année et s’étalera sur cinq ans pour se terminer en 2025.

La base de données matricielle (raster en anglais) est une copie électronique des documents en papier. La plupart des éditeurs ont depuis longtemps migré vers la cartographie vectorielle – ENC pour Electronic Navigational Chart - qui se caractérise par une succession de couches d’information et qui offre beaucoup plus de possibilités que la technique matricielle. L’Office of Coast Survey (OCS), le service hydrographique américain, veut cesser de mettre à jour deux bases de données, matricielle et vectorielle, pour n’en conserver qu’une seule. Cette vaste opération va aussi consister à réformer la grille ou découpage des zones cartographiées et à uniformiser les échelles. L’OCS gère actuellement un catalogue de 1200 cartes électroniques (ENC) utilisant 130 échelles. Au terme du programme en cours, ce catalogue passera à 9000 ENC publiées sur 12 échelles normalisées. Ce qui signifie qu’il existera plus de cartes et qu’elles offriront de plus grandes échelles et donc un meilleur niveau de détail cartographique.

Plusieurs éditeurs privés comme MapTech vont néanmoins continuer de publier leurs catalogues de cartes en papier reliées, mais ces produits devront trouver preneurs à un nombre suffisant d’exemplaires pour garantir la rentabilité des opérations. Il sera aussi possible d’imprimer des cartes vectorielles à partir d’une application en ligne. La NOAA a créé un nouveau service, Custom Chart Prototype, où l’on peut sélectionner la zone côtière de son choix et régler les paramètres d’affichage désirés. Une fois les données programmées, on les sauvegarde dans un fichier PDF que l’on peut faire imprimer. La démarche est pour le moment exploratoire et la participation des navigateurs doit faire évoluer le service. On peut néanmoins se poser plusieurs questions à propos de ce nouveau service de carte personnalisée. Combien de navigateurs auront la patience de se créer un catalogue de sécurité pour suppléer à une panne électronique à bord ? Un réseau de fournisseurs équipés d’imprimantes adaptées au grand format et utilisant des papiers de bonne qualité va-t-il se mettre en place et trouver un public? 

De toute évidence, nous voilà au seuil d’un changement fondamental qui va bouleverser les habitudes des plus âgés d’entre nous. Sans parler de l’apparence et du graphisme des cartes qui va adopter la culture vectorielle, très éloignée du riche tracé manuel et fort efficace des hydrographes professionnels. L’autre question fondamentale va tourner autour de la qualité des produits vectoriels conçus par les éditeurs privés qui ne sont pas obligés de respecter des normes strictes de mise à jour pour le marché de la plaisance. Seule la norme S57, obligatoire sur les navires de commerce, offre de telles garanties. En l’absence de vérification possible sur un document en papier, les navigateurs devront s’assurer que leurs cartes vectorielles sont bien à jour. 

Le Service hydrographique du Canada (SHC) prépare de son côté un nouveau plan stratégique qui va redéfinir son offre cartographique. Il y a fort à parier qu’il va parvenir aux mêmes conclusions que son homologue au sud de la frontière. L’entretien et la mise à jour de deux bases de données cartographiques fonctionnant sur deux technologies différentes n’est pas un scénario envisageable à long terme. Une rationalisation à la faveur de la technologie vectorielle apparaît inévitable. L’impression de cartes en papier par l’intermédiaire des services du gouvernement fédéral canadien vit probablement ses dernières années. 

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