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Il faut sauver Pen-Duick

Il faut sauver Pen-Duick

Le premier bateau d’Eric Tabarly doit être totalement reconstruit, sous peine de ne plus naviguer. Ce magnifique cotre à gréement aurique né en 1898 sur la planche à dessins de William Fife Junior, l’architecte le plus célèbre de l’époque, est un emblème du patrimoine maritime français et appartient à la mémoire collective.

Il a été classé monument historique en 2016. Le tout premier voilier d’Eric Tabarly qui en était le 15ème propriétaire. Hérité de son père en 1952, le cotre a été sauvé plusieurs fois par le skipper qui était un fervent défenseur du patrimoine maritime. La première renaissance de Pen-Duick est à elle seule l’illustration du génie de Tabarly : Pour préserver sa forme, il décide de mouler une coque neuve en appliquant des couches successives de tissus de verre et de résine polyester sur l’ancienne coque. Le marin utilise alors une technologie à peine connue et qui fait de Pen-Duick le plus grand bateau en polyester de l’époque. Dans les années 80, alors que les fêtes et rassemblements de bateaux du patrimoine maritime entrent dans une période faste et populaire, Pen-Duick, malgré sa coque en composite en est le plus souvent la vedette. Il y a un attachement très particulier à ce bateau, lié au charisme de son célèbre propriétaire, naturellement, mais aussi à sa silhouette, familière et reconnaissable entre toutes.

Un financement participatif
Depuis la disparition d’Eric en 1998 Pen-Duick appartient à sa famille : Jacqueline, sa femme et Marie, sa fille. Mais actuellement il n’est plus en état de naviguer et, seul, un chantier d’envergure sur sa structure lui permettra de retrouver la mer et toute sa superbe.
La restauration a commencé au Chantier du GUIP à Brest.

Le défi est important car le parti pris est de respecter la démarche technique d’Eric Tabarly tout en utilisant les moyens modernes de construction et les matériaux biosourcés actuels.

Le montant de la restauration de Pen-Duick est estimé à 650 000 euros. Classé monument historique, l’Etat, le département du Morbihan et la région Bretagne soutiennent le projet à hauteur de 400 000 euros. Pour réunir les 250 000 euros manquants, la famille d’Eric Tabarly lance une opération de financement participatif auprès des particuliers et des entreprises en proposant en contrepartie des pièces provenant de Pen-Duick.

Le bateau sera exposé sur le village officiel de La Route du Rhum-Destination Guadeloupe à Saint Malo du 24 octobre au 4 novembre en présence des membres de l’association Pen-Duick. Le public pourra également contribuer à la restauration de Pen-Duick via le site de Crowdfunding créé à cet effet : Gwenneg

Pen Duick a 120 ans

Un bâteau familial né en Ecosse en 1898 : Guy Tabarly le père d'Eric Tabarly achète Pen-Duick en 1938 à la famille Lebec de Nantes. C'est l'époque en France de la naissance de la plaisance et les yachts sont très peu nombreux. En rachetant, en 1952, Pen-Duick à son père, Eric Tabarly en devient à 21 ans le quinzième propriétaire. Avec son père, il participe à bord à ses premières courses du RORC dans les années 60.

Eric sauve une première fois Pen-Duick en 1958. Il innove en réalisant une coque en polyester sur la coque de Pen-Duick qui est en bois et irréparable; elle lui sert de moule. Pen-Duick devient ainsi la plus longue coque en polyester de l'époque. Le chantier Costantini de la Trinité sur Mer où se trouve le bateau terminera par la suite les travaux de réalisation de la charpente en bois.

15,10 m de long

Courant les mers en cours, Eric a laissé Pen-Duick offert aux intempéries de trop longues années. Vingt ans plus tard, une nouvelle intervention s'impose. En 1983, Pen-Duick est remorqué du Crouesty à St-Malo par Pen-Duick VI pour entrer au chantier de Raymond Labbé. Pendant six ans, le chantier Labbé effectue petit à petit les travaux en fonction des finances d'Eric. Cette seconde restauration importante permet de remplacer le pont, les amménagements, le moteur, et de reprendre les formes de la coque.

Pen-Duick reprend la mer en 1989 à l'occasion des Voiles de la Liberté, aidé financièrement par la Ville de Rouen.Basé à Bénodet, il continue de naviguer en Bretagne sud. Dans les années 90, il goûte aux charmes des compétitions méditerranéennes en participant aux régates de Monaco, Cannes et St-Tropez où il côtoie des bateaux issus de la même planche à dessin. Tous participent au renouveau de la belle plaisance.
Eric navigue beaucoup avec Pen-Duick et loin...il emmènera sa côtre jusqu'aux açores en 1995. Le navire n'a jamais été aussi beau qu'en mai 1998, pour son centenaire, célébré à Bénodet par une foule d'admirateurs et d'amis. A la manière d'une noce bretonne, l'anniversaire du premier et du dernier bateau d'Eric Tabarly va durer trois jours pleins. 

Aujourd'hui Pen Duick est la propriété de Jacqueline l'épouse d'Eric et de Marie, sa fille. Pour permettre entre-autre à Pen-Duick de naviguer , Jacqueline et Gérard Petipas l'ami d'Eric ont créé l'association Eric Tabarly en 2000. Jacqueline et Marie ont confié durant 18 ans à cette association la responsabilité d'entretenir et d'armer Pen-Duick.

Sources : Le Télégramme

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