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Baisse de la teneur en oxygène dans les eaux du Saint-Laurent

Baisse de la teneur en oxygène dans les eaux du Saint-Laurent

Plusieurs équipes scientifiques menant des travaux dans le fleuve présentaient les résultats de leurs recherches à l’occasion du congrès de l’ACFAS en mai dernier. La charge sédimentaire est l’un des principaux éléments sous la loupe des chercheurs. On distingue deux sources principales : les eaux usées provenant des municipalités et les rejets de nutriments  (azote, phosphore et nitrate) d’origine agricole.

François Guillemette de l’UQTR a mené plusieurs campagnes d’échantillonnage en eau douce à bord du Lampsilis, un catamaran à faible tirant d’eau spécifiquement construit pour mener des travaux de recherche dans la partie fluviale. Il a noté des charges de phospore dépassant les normes recommandées dans 68 % des stations d’observation et de 42 % pour l’azote.

Les engrais qui se retrouvent dans le fleuve font le même travail pour lequel on les utilise dans les champs : ils stimulent la croissance des algues et du phytoplancton, ce qui entraîne une baisse de l’oxygène dissous dans l’eau. Ce phénomène appelé eutrophisation cause des difficultés aux écosystèmes qui se retrouvent en déficit d’oxygène ; mauvaise nouvelle pour les poissons qui en sont directement affectés. Certains secteurs ont connu des baisses de teneur en oxygène de 50% par rapport aux années 1970.

À l’inverse, le phytoplancton ne cesse de progresser sur le cours du fleuve. À la sortie des Grands Lacs, il représente environ 5 à 10 % de la biomasse totale, tandis qu’en amont de Québec ce chiffre passe à presque 50 %.

Plus en aval dans le cours du Saint-Laurent, le dépôt des sédiments dans le chenal Laurentien dans 300 à 400 m de profondeur alimente aussi une consommation d’oxygène par les bactéries qui décomposent les apports sédimentaires. On craint que des zones hypoxiques, des secteurs privés d’oxygène, s’installent au fond du chenal. Un phénomène inquiétant susceptible de bouleverser les écosystèmes et de diminuer la production de zooplancton. Les recherches ont démontré que les nitrates sont les substances les plus susceptibles d’accélérer le mécanisme de l’eutrophisation.

Le développement de bandes riveraines plus larges en périphérie des surfaces cultivées constitue à ce jour la solution privilégiée pour réduire les apports agricoles en fixant les engrais dans le sol.

La modification de la circulation des eaux dans le golfe ajoute un autre problème. Le courant du Labrador et ses eaux froides riches en oxygène ont vu leur influence diminuer au cours des dernières années alors que l’on note un renforcement de la pénétration des eaux plus chaudes – et plus pauvres en oxygène – du Gulf Stream.

Les deux phénomènes, sédimentaire et océanographique, s’additionnent pour faire baisser la teneur en oxygène dissous. Une situation potentiellement inquiétante susceptible de modifier la nature des écosystèmes à long terme.

 

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