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Paperchart 2.0, patience requise

Paperchart 2.0, patience requise

La mise à jour des cartes en papier constitue actuellement une véritable épine dans le pied duService hydrographique du Canada (SHC). Le format matriciel (encore désigné sous l’acronyme BSB ou le mot Raster) qui sert à l’élaboration des cartes en papier tend à être abandonné graduellement au Canada et ailleurs dans le monde. Il est devenu anachronique et particulièrement improductif de maintenir deux chaînes de produits, l’une matricielle et l’autre numérique

Le SHC travaille donc désormais avec une seule base de données constituée d’éléments vectoriels servant à la production de la cartographie électronique (ENC). La mise à jour des cartes en papier exige donc une transformation matricielle avec l’application de masquage, d’habillage et beaucoup de travail pour revenir à une représentation inspirée des anciennes méthodes manuelles. Un processus pénible qui devra perdurer tant qu’on ne pourra pas produire automatiquement des fichiers PDF prêts à imprimer à partir de la base de données vectorielles.

Dans une entrevue qu’il nous avait accordé voilà deux ans, Louis Maltais, le directeur des Services géospatiaux pour la navigation au SHC, espérait que Paperchart 2.0, le processus de production des nouvelles cartes en papier directement issues de la base de données vectorielles, serait effectif en 2023. C’était sans compter sur les longues discussions toujours en cours au sein de l’Organisation hydrographique internationale (OHI). Les hydrographes du monde entier doivent effectivement se mettre d’accord sur une symbologie unifiée pour tous les éléments représentés sur les futures versions de carte en papier issues de cartes électroniques. Le Canada a décidé d’attendre l’adoption d’une norme internationale de symbologie unifiée avant de produire et distribuer les produits Paperchart 2.0.

En ce qui concerne la distribution au public, le modèle d’affaires demeure encore à définir : modalités d’impression et tarification. Bien que les fichiers cartographiques en format PDF seront accessibles à partir du portail de données du SHC, un réseau de distributeurs équipés d’imprimantes grand format apparaît nécessaire pour assurer la distribution au public. On voit effectivement mal comment des imprimantes domestiques, inadaptées au format des cartes marine, pourraient constituer une solution.

 Une technologie déjà prête

Dans le corridor de navigation qui fait l’objet de sondages bathymétriques réguliers entre Québec et Montréal, les données sont disponibles deux jours après les relevés pour les navigateurs abonnés au format cartographique S-102[1].

De la même façon, les nouveaux logiciels développés lors des trois dernières années par les équipes du SHC permettent de diminuer considérablement le temps d’intégration des nouvelles données pour effectuer les mises à jour. Les modèles mathématiques sont en mesure de traiter automatiquement le meilleur positionnement graphique et sécuritaires des sondes, le dessin des lignes littorales, les contours et la disposition des informations pour en favoriser la lisibilité. Il suffirait donc de quelques jours pour produire un fichier Paperchart 2.0 alors que le délai actuel de mise à jour d’une carte en papier varie de 1 à 2 mois. Du temps perdu qui pourrait être mis à profit pour améliorer la couverture cartographique partout au pays.

La prochaine étape de l’équipe du SHC de l’Institut Maurice-Lamontagne va constituer à tester parmi le milieu académique et de la plaisance un éventail de produits cartographiques générés à partir de cette applicaiton afin de recueillir les réactions des navigateurs. Paperchart 2.0 sera certainement un proche parent de la carte électronique puisqu’il en sera directement issu. Les images publiées à la suite de ce texte peuvent en donner une idée, bien qu’ils ne s’agissent pour le moment que d’une représentation en développement.

Liste des dépositaires de cartes : https://charts.gc.ca/charts-cartes/dealer-depositaire-fra.html

Ce texte est la transcription d’une entrevue réalisée avec Julie Larrivée, gestionnaire des produits et services, Mathieu Rondeau, superviseur des levées hydrographiques et Gabriel Cavanagh, géomaticien.

[1] La norme S-100, le futur de la cartographie - L’Escale Nautique Été 2021 - https://www.escalenautique.qc.ca/nouvelles_detail/la-norme-s-100-le-futur-de-la-cartographie/

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