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Une équipe canadienne dans le circuit SailGP

Une équipe canadienne dans le circuit SailGP

Le Montréalais Jean-Sébastien Chénier Proteau nommé directeur de l’équipe.

 SailGP a vu le jour en 2019 à l’initiative du Néo-Zélandais Russell Coutts et avec le soutien financier actif de l’homme d’affaires américain Larry Ellison. Objectif : créer un circuit international de voile professionnel qui reprenne l’esprit de la Formule 1. Le support choisi : des catamarans à foils et ailes rigides de 50 pieds, les F50. Initialement, les F50 étaient des unités recyclées, les AC50 de la Coupe de l’America 2017 tenue aux Bermudes. Ils ont énormément évolué depuis et surclassent désormais largement les catas de la Coupe.

SailGP représente à la fois un énorme pari, une formule sportive unique en son genre et un immense espoir de populariser la voile dans le grand public comme aucune autre régate n’a réussi à le faire auparavant.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Russell Coutts, le patron du circuit, est un véritable phénomène de la régate : triple vainqueur de la Coupe de l’America, triple champion du monde de match-racing, médaillé d’or en Finn aux Jeux Olympiques, il poursuit sa carrière comme patron du syndicat Oracle Team USA et remporte encore deux fois la Coupe de l’America. Un parcours époustouflant.

Le circuit SailGP carbure à l’innovation. À la différence des écuries de F1 qui produisent chacune leur monoplace, les équipes de F50 naviguent à bord de monotypes strictement identiques que l’organisation prépare et met à leur disposition au moment des périodes d’entraînement et des régates. Toutes les équipes bénéficient du même nombre de journées d’entraînement par souci d’équité et de contrôle des coûts. Les catamarans suivent une trajectoire d’amélioration continue pour faire évoluer les profils véliques, hydrodynamiques et la gestion des vols.

Les débuts de l’équipe canadienne

L’entrepreneur canadien Fred Pye, propriétaire d’un fonds d’investissement spécialisé dans les cryptomonnaies, a acheté une franchise du circuit SailGP et recruté le Montréalais Jean-Sébastien Chénier Proteau à titre de directeur de la nouvelle équipe. Un Québécois dans un circuit de voile professionnel? Il faut se pincer pour y croire, mais ça n’a rien d’un canular.

Au bout du fil depuis Lorient où il vit avec sa famille, Jean-Sébastien avoue avoir été le premier surpris que l’on fasse appel à ses services et encore plus qu’une équipe canadienne se mette en place. Rien qui relève pour autant d’un conte de fée, le parcours de Chénier Proteau passe par plusieurs écuries de course, d’abord comme préparateur avec la navigatrice britannique Helen Mc Arthur, puis avec l’équipe de France pour la Coupe de l’America, responsable ensuite des opérations de l’équipe franco-chinoise Donfeng qui remporte la Volvo Ocean Race et participe au circuit SailGP en 2019, et finalement directeur exécutif de l’écurie de course au large Spindrift Racing. Des états de service qui s’accompagnent d’une solide formation académique avec un diplôme de génie mécanique de Polytechnique à Montréal, d’un MBA à l’Université de Sherbrooke et d’un Master en droit du sport à l’ISDE de Madrid. Ça lui fait pas mal d’écoutes dans les mains et un bagage à la fois sportif, technique et administratif dont il aura grand besoin pour bâtir une équipe à partir d’une jolie feuille blanche.

La première recrue et skipper, le Néo-Zélandais Phil Robertson, est double champion du monde du circuit professionnel de catamarans M32 et il a tâté du F50 avec les équipes espagnoles et chinoises. Il est responsable du recrutement des membres de l’équipage qui doivent tous posséder la nationalité canadienne. Robertson va se tourner vers les navigateurs des séries de voile olympique parce qu’il n’existe tout simplement pas d’autre avenue possible de recrutement au Canada. «Le bassin de candidats peut apparaître limité par rapport aux autres nations, mais nous avons repéré plusieurs profils intéressants, d’autant plus qu’il n’y a que cinq postes à pourvoir» indique Jean-Sébastien Chénier Proteau. «L’aspect du développement de la régate auprès des jeunes, filles et garçons, fait partie intégrante des objectifs de ce nouveau programme canadien» ajoute le directeur de l’équipe. Un autre Montréalais, Tyler Bjorn, a été recruté pour encadrer ce volet jeunesse.

L’équipe vient de faire l’acquisition d’un catamaran GC32 qui va servir de base d’entraînement et d’outil de sélection. Elle était présente à San Francisco fin mars pour observer la dernière manche du circuit de la seconde saison. Elle disputera sa première course aux Bermudes le 13 mai aux Bermudes, première manche de la saison 3, en même temps que l’équipe suisse. Avec maintenant dix nations dans le circuit SailGP, Russell Coutts semble être sur la voie de gagner son pari.

L’équipe canadienne ne possède pas de base ou de quartier général dans son pays d’origine. La structure particulière de SailGP où les bateaux sont construits, mis au point et entretenus par le propriétaire du circuit permet de se passer d’une base physique, mais l’équipe se réunit néanmoins une fois par mois. Elle compte en tout une vingtaine de personnes : responsables de la logistique, des partenariats d’affaire, du développement sportif et de la communication ainsi que trois techniciens qui suivent les navigants. Le budget d’opération annuel tourne autour d’une somme de 5 à 7 millions de dollars US, ce qui implique la présence de partenaires commerciaux. SailGP privilégie naturellement les pays participants dans le choix des sites hôtes des sept manches d’une saison. Le Canada pourrait figurer sur la liste en 2023.

https://fr.sailgp.com

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