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Entrevue éditoriale avec Josée Côté de Nautisme Québec

Entrevue éditoriale avec Josée Côté de Nautisme Québec

L’Escale Nautique : La navigation de plaisance se trouve à l’occasion montrée du doigt : le nautisme est une activité carbonée et le comportement de certains plaisanciers dérange. Plus récemment, le projet de réduction de vitesse sur la rivière Richelieu a fait l’objet d’un vif débat. Quelle sera la réponse de Nautisme Québec à ces enjeux sociétaux?

Josée Côté: La navigation de plaisance est un loisir légitime et les avancées technologiques en nautisme sont prometteuses pour réduire l’empreinte carbone et le bruit. De toute évidence, le virage écologique débute à peine et pour réussir, ça prendra l’implication de tous. Il nous faut un effort concerté et constructif, pas du pointage de doigts. Nous entrons dans une ère de nautisme éco-responsable qui nous ramène à des valeurs de vivre-ensemble et de respect du monde environnant. Ce sont ces valeurs que nous défendons chez Nautisme Québec. 

En ce qui a trait à la rivière Richelieu, il faut analyser les études avec soin pour documenter objectivement les véritables impacts des embarcations.  Les causes naturelles, comme l’action des glaces hivernales, ont aussi un impact sur l’érosion des berges: il faut se garder de sauter trop vite aux conclusions qui pointent automatiquement le doigt en direction des plaisanciers.  Comme les avancées technologiques, les mesures règlementaires font partie de l’équation, mais ne sont pas une panacée non plus. Le milieu doit de toute façon s’auto-discipliner et adopter les bonnes pratiques, en misant prioritairement sur les mesures non réglementaires.

Dans le dossier du Richelieu, nous voulons jouer un rôle rassembleur et trouver un équilibre dans les besoins de chacun. Pour cela, nous proposons une table de concertation avec les marinas, les riverains, les plaisanciers, les municipalités et autres parties prenantes. Même si la MRC ne veut pas s’en mêler, nous travaillons déjà à former un groupe composé d’une vingtaine d’intervenants. Nous voulons démontrer que le milieu est capable de se mobiliser et de se prendre en main sans attendre la mise en place d’un règlement. La discussion ne doit pas se limiter aux municipalités déjà impliquées dans le projet de règlement mais doit prendre en compte la totalité du cours du Richelieu. Nous devons structurer une démarche qui décidera des tronçons du plan d’eau où il faut réduire la vitesse et qui trouvera les moyens financiers de baliser ces zones de réduction de vitesse. Il faudra ensuite assurer la surveillance de ces secteurs avec la collaboration des services de police et en impliquant des associations locales.

L’autre enjeu crucial tient à la sensibilisation des usagers et à la communication des bonnes pratiques. Nous devons envoyer un signal de respect des plans d’eau, de l’importance de leur pérennité et de l’urgence de corriger les mauvais comportements. La rivière Richelieu est un axe de navigation important pour le nautisme au Québec.

 L’Escale Nautique : Les programmes qui concernent la certification des marinas et les régions nautiques ont connu un temps d’arrêt. Comment envisagez-vous de les relancer?

 Josée Côté : Il faut renouveler le programme de certification des ports de plaisance en mettant l’accent sur l’environnement. Pour nous, c’est un projet Marinas 2.0. Nous allons recruter une ressource qui possède une expertise en gestion environnementale pour développer autour de cet enjeu: recyclage, gestion du littoral, comportement des usagers, éducation aux meilleures pratiques.

Sur la question du tourisme nautique et du programme des régions nautiques, il nous faut en priorité sécuriser du financement, notamment auprès de Tourisme Québec, pour être en mesure d’assurer un leadership et poursuivre ces projets novateurs. Au Québec, nous avons un grand potentiel pour attirer des excursionnistes locaux et des touristes hors-Québec. C’est un projet à moyen terme. Nous avons néanmoins débuté une collaboration avec un port de plaisance de la région métropolitaine pour développer un concept de pôle nautique pour toutes les catégories de plaisanciers. Nous travaillons aussi sur un projet d’itinéraires et d’expériences nautiques dans l’archipel du Grand Montréal.

 L’Escale Nautique : De manière générale, quels seront les objectifs prioritaires de Nautisme Québec au cours des prochaines années?

 Josée Côté : En nous appuyant sur les assises de l’équipe précédente, nous pourrons aller encore plus loin. Nous voulons rassembler et mobiliser les forces du milieu; recruter de nouveaux membres et être à leur écoute; les sensibiliser au nautisme éco-responsable et aux bonnes pratiques. Il faut pouvoir compter sur la force du nombre pour défendre l’accès aux plans d’eau, lutter contre la taxe de luxe qui cible démesurément le nautisme, et faire entendre la voix de notre communauté pour promouvoir la navigation de plaisance.

À propos de L’Escale Nautique

L’Escale Nautique est une publication indépendante qui sert le marché de la navigation de plaisance depuis 1995. Elle présente aujourd’hui le plus fort tirage payé de toutes les publications nautiques au Québec. L’Escale Nautique est distribuée à tous les membres de la Fédération de voile du Québec, ainsi qu’aux membres francophones des Escadrilles canadiennes de plaisance.

Le Guide du tourisme Nautique est un guide de navigation publié chaque année depuis 1997. Il s’agit à l’heure actuelle du guide de navigation le plus documenté des principaux plans d’eau du Québec, scrupuleusement remis à jour chaque saison.

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