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Motorisation électrique, la vague grossit

Motorisation électrique, la vague grossit

La vague Tesla commence à faire des vagues sur les plans d’eau et interpelle au premier chef les grands motoristes. Mercury Marine a annoncé au printemps dernier le lancement de cinq systèmes de propulsion électrique hors-bord à l’horizon de 2023 avec un premier moteur disponible en 2022. Mercury va aussi s’impliquer dans la production de batteries afin de mettre sur le marché une série de 15 000 accumulateurs. Le motoriste vise principalement le marché des petites embarcations effectuant des sorties à la journée, ainsi que celui des bateaux habitables susceptibles de naviguer à de faibles vitesses de croisière. Mercury testera les solutions électriques par l’intermédiaire du Freedom Boat Club, une entreprise de locations d’embarcations de plaisance implanté sur tout le continent nord-américain.

BRP a aussi annoncé un plan d’électrification sur les cinq prochaines années financé à la hauteur de 300 millions $. BRP va adapter son fameux moteur Rotax à la propulsion électrique pour les motomarines. Le centre de développement de Valcourt planchera sur les batteries et le chargeur tandis que le moteur électrique et l’onduleur seront mis au point en Autriche.

Outre le goût du public pour la carboneutralité et l’arrivée d’une clientèle plus jeune très sensible aux enjeux environnementaux, les motoristes surveillent d’un œil attentif les restrictions réglementaires qui pointent à l’horizon. L’an dernier, la Californie a publié un document préliminaire proposant des réduction d’émission de 40% pour les moteurs de moins de 50 CV et de 70% pour les mécaniques plus puissantes. Des exigences susceptibles de s’appliquer aussi aux motomarines dès 2027.

À Washington au mois de mai dernier, la sénatrice démocrate Maria Cantwell a déposé un projet de loi, le FAST Electricity Act qui propose d’établir un crédit d’impôt de 30 % afin de stimuler la production de véhicules électriques hors route, une mesure qui s’appliquerait aux bateaux de plaisance.

E-Motion 180E

La vague électrique est présente au Québec où le manufacturier Vision Marine de Boisbriand annonçait en mai dernier la sortie d’un nouveau moteur hors-bord de 110 kW – équivalent 180 CV - dont les premières livraisons auront lieu d’ici la fin de l’année. Le développement de ce nouveau moteur a été financé par la vente d’actions sur le marché boursier. Le E-Motion 180E fonctionne en 650 V et est alimenté par une batterie au lithium de 60 kWh.

Une puissance qui convient très bien au Bruce 22, le runabout mis au point par Ian Bruce et faisant aujourd’hui partie du catalogue du chantier. Vision Marine vise également le large marché des embarcations d’environ 25 pieds où se trouve un fort potentiel pour la motorisation électrique. Vision annonce une autonomie de 60 milles nautiques à une vitesse de croisière de 17 nœuds. Le 180E offrira trois versions de longueur d’arbre d’hélice. 

X-Shore Eelex 8000

L’importateur québécois BCI Marine a ajouté cet automne à son catalogue le

Eelex 800 du chantier suédois X-Shore. Le bateau a été présenté en avant-première au Salon du Bateau à flot de Montréal en septembre dernier. À l’occasion d’une entrevue téléphonique, Abozar K., le directeur du marketing de la start-up scandinave, affichait très clairement les ambitions du chantier : «Nous n’avons pas l’intention de jouer sur un marché de niche; notre objectif est clairement de produire à une grande échelle. Nous anticipons une extraordinaire demande pour les bateaux électriques sur le marché international».

Konrad Bergström, l’homme d’affaires suédois derrière X-Shore travaille sur le concept du Eelex 800 depuis 2012. Un prototype a vu le jour en 2016 et le bateau a été lancé à Dusseldorf en 2018. Celui qui décrit les bateaux à propulsion thermique come «des armes mortelles pour les océans et la vie animale» a mis au point un bateau élégant, laminé avec de la fibre de lin, mettant en œuvre des matériaux recyclés et dont le pont est recouvert de liège.

Le moteur en ligne de 225 kW – 299 CV – alimenté par une banque de batteries au lithium-ion de 126 kW offre une autonomie de 100 milles nautiques à une vitesse de croisière de 10 nœuds. Le Eelex annonce une vitesse maxi au-delà de 30 nœuds et un délai de recharge de 70 min.

Une application numérique native gère tous les aspects techniques de ce bateau.

 

Candela C-8, un pod et des hydrofoils

Autre innovation suédoise, le Candela C-8 s’avance résolument hors des sentiers battus. Ce canot automobile doté d’une cabine avec des couchettes est un authentique foiler qui s’appuie sur deux structures porteuses : la paire de foils en T située légèrement en avant du centre de la carène et un foil arrière qui incorpore la mécanique propulsive.

Lorsqu’on réalise que la résistance produite par l’eau sur la carène constitue le principal obstacle à vaincre dans la propulsion d’une embarcation, l’idée de faire voler le bateau au-dessus de l’eau représente la solution évidente au problème.

C’est ce que s’est dit Gustav Hasselskog, le fondateur du chantier Candela, qui a déjà à son actif la production d’un canot automobile foiler de 7 m à propulsion électrique. Hasselskog souhaitait développer un moteur électrique puissant tout en contournant le problème de la chaleur émise par son fonctionnement. «Vous pouvez alimenter un moteur électrique avec trois fois plus de puissance que ce pour quoi il a été prévu. Ça va fonctionner, mais pas longtemps, ensuite il va commencer à fondre» explique le concepteur du C-8.

La solution? Immerger le moteur dans l’eau et se servir de la température de l’eau en mouvement pour refroidir la mécanique. On pourrait donc comparer le C-Pod à une torpille alimentée par une batterie au lithium. Le défi consistait à fabriquer des moteurs électriques assez compact pour que le pod qui les abrite conserve de bonnes qualités hydrodynamiques. Le C-Pod incorpore deux moteurs propulsant chacun une hélice pour une puissance de 50 kW (67 CV). Une puissance nettement inférieure à celle des embarcations naviguant en mode archimédien, mais suffisante pour placer le bateau sur ses foils.

La légèreté du bateau constitue l’autre défi afin de permettre au bateau de monter rapidement sur ses foils. Raison pour laquelle la structure du Candela C-8 est faite d’une tubulure en fibre de carbone. Candela annonce une autonomie de 50 milles à une vitesse de croisière de 24 nœuds avec un délai de recharge de 2 heures.

À propos de L’Escale Nautique

L’Escale Nautique est une publication indépendante qui sert le marché de la navigation de plaisance depuis 1995. Elle présente aujourd’hui le plus fort tirage payé de toutes les publications nautiques au Québec. L’Escale Nautique est distribuée à tous les membres de la Fédération de voile du Québec, ainsi qu’aux membres francophones des Escadrilles canadiennes de plaisance.

Le Guide du tourisme Nautique est un guide de navigation publié chaque année depuis 1997. Il s’agit à l’heure actuelle du guide de navigation le plus documenté des principaux plans d’eau du Québec, scrupuleusement remis à jour chaque saison.

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