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Un pont sur le Saguenay pour mieux protéger les bélugas

Un pont sur le Saguenay pour mieux protéger les bélugas

Des scientifiques de Pêches et Océans Canada croient que la construction d'un pont à l'embouchure de la rivière Saguenay, pour remplacer les deux traversiers, contribuerait à la survie de la population de bélugas.

Ce secteur est le plus bruyant du Saint-Laurent et les navires qui relient Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine en sont en grande partie responsables, notent les scientifiques. Les ondes sonores qui sont diffusées sous l'eau entraînent des conséquences importantes pour les bélugas, une espèce en voie de disparition.

Un rapport de Pêches et Océans Canada portant sur l'efficacité des mesures de rétablissement des bélugas, mentionne que « le remplacement des traversiers par une infrastructure routière entraînerait des gains immédiats pour les bélugas ». En effet, les traversiers relient les deux rives 24 heures sur 24, 365 jours par année, ce qui signifie 40 000 voyages annuellement. L’examen scientifique de l'efficacité des mesures de rétablissement pour trois populations de baleines en péril effectué par Pêches et Océans Canada indique que : «Un pont supprimerait des milliers de passages de navires dans un habitat important pour le béluga, où le niveau de bruit est le plus élevé et le plus chronique»

Dans un environnement moins bruyant, les bélugas pourraient trouver plus facilement des proies et mieux communiquer entre eux, particulièrement les mères et leurs vaux.

«On a deux choix: on diminue le bruit ou on tasse les bélugas. Évidemment, on va vers la première solution» fait valoir Véronique Lesage, chercheure scientifique chez Pêches et Océans. « Leur monde est acoustique », rappelle Mme Lesage, spécialiste des mammifères marins. Elle précise aussi que les bélugas affectionnent particulièrement l'embouchure du Saguenay, en raison de l'abondance de nourriture.

«Quand tu as plusieurs traversiers qui se succèdent rapidement, il n'y a pas de pause entre le moment où le premier arrive à destination et le second appareille. Le niveau de bruit ambiant est à la fois élevé et constant» explique-t-elle encore.

Les ondes sonores produites par les navires se répercutent aussi en amont et en aval, en raison de la profondeur des eaux. «Dans un environnement comme le Saguenay qui est un fjord, il y a beaucoup d'écho, un peu comme dans une église, ça va avoir tendance à résonner» précise Florian Aulanier, chercheur en acoustique sous-marine chez Pêches et Océans.

Le bruit causé par la navigation a été un facteur négligé dans le passé, mais les scientifiques croient qu'il contribuerait significativement au déclin de la population de béluga, dont la population est estimée à moins de 900 individus. 

Un argument de plus pour la Société du pont sur le Saguenay

Les partisans de longue date du projet obtiennent donc un argument de plus pour convaincre les autorités d'investir des centaines de millions de dollars pour construire un pont en lieu et place des deux traversiers.

Le nouveau président de la Société du pont sur le Saguenay, Marc Gilbert, prétend que 95 % du trafic maritime dans ce secteur est imputable aux deux traversiers.

Selon lui, les écologistes devraient y porter davantage attention au lieu de s'opposer aux projets comme celui d’Énergie Saguenay ou de Port Saguenay à à Sainte-Rose-du-Nord.

«On ne tire pas sur les bonnes cibles, si tous les projets se réalisent, on parle de 300 navires de plus dans le Saguenay, là je vous propose d'en éliminer 40 000 avec un pont» renchérit Marc Gilbert, le président de la Société du pont sur le Saguenay

Les nouveaux navires moins bruyants ?

La Société des traversiers du Québec (STQ) mentionne que les nouveaux navires émettent moins de vibration que les précédents, en raison du système de propulsion qui est différent. Cela devrait donc, affirmait l'ex-PDG François Bertand, se répercuter sous l'eau aussi.

Sources : Radio Canada

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