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Le Banc-des-Américains désigné Zone de protection marine

Le Banc-des-Américains désigné Zone de protection marine

De toute évidence, le Canada ne parviendra pas à respecter son engagement de protéger 10% de son territoire maritime d’ici 2020, comme il s’était engagé à le faire lors de la Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya en 2010. Pour tenter de sauver la face, le gouvernement fédéral a fait diversion en créant des refuges marins où certaines espèces spécifiques seraient protégées, mais où d’autres activités industrielles, comme les recherches pétrolières, seraient toujours autorisées.  Onze refuges marins ayant pour but de protéger le corail mou ont donc été délimités autour de l’île d’Anticosti, totalisant une surface de 8500 km2.
L’annonce au début de l’été de la désignation de la Zone de protection marine du Banc-des-Américains est en revanche un geste substantiel puisqu’il accorde un niveau de protection beaucoup plus élevé à un plan d’eau de 1 000 km2 de superficie. Ce rectangle de 15 milles par 20 milles s’étend du cap Gaspé à l’île Bonaventure dans un axe nord sud.
Le banc désigne une élévation sous-marine constituée de deux plateaux séparés par une crête qui culmine à 12 m de profondeur. Il s’agit d’une aire à forte diversité biologique, comportant une grande variété d’habitats, qui constitue un garde-manger très précieux pour de nombreuses espèces de poissons et de mammifères marins. Le site présente des paysages marins variés répartis sur des profondeurs de 15 à 130 mètres.
L’exploration et l’exploitation pétrolière ainsi que certains engins de pêche, comme les chaluts de fond, ne seront plus permises dans ce nouveau secteur qui fait l’objet d’une entente conjointe fédérale/provinciale.
D’autres zones marines protégées sont dans les cartons du gouvernement fédéral depuis plusieurs années. Il s’agit des secteurs des îles de la Madeleine, de la région de Manicouagan et enfin de l’estuaire du Saint-Laurent entre Saint-Roch-des-Aulnaies et Métis. Ces projets de protection ont tous été mis sur la glace par le gouvernement Harper et ils tardent à se concrétiser.
Le secteur des pêches voit ces zones protégées comme des menaces à ses activités dans la mesure où « les directives internationales sur les aires marines protégéesindiquent clairement qu'au moins 30 % de zone devrait être fermée à toute activité de pêche afin de protéger efficacement la biodiversité» mentionne Sabine Jessen de la Société pour la nature et les parcs.
Le Québec, qui souhaite emboîter le pas à Ottawa en protégeant 10% de son espace maritime d’ici 2020, n’en est pour le moment qu’à une superficie de 1,9% de territoires marins effectivement placés sous protection. Ce qui laisse bien peu de temps à la province pour remplir ses engagements.
Pour le biologiste Richard Sears de la Station de recherche des îles Mingan qui se consacre à l’étude des baleines, protéger exclusivement le secteur du banc des Américains n’a rien de très convaincant. « C’est une question de logique écologique et biologique. On ne peut pas simplement tracer une ligne sur une carte, comme on ne peut pas poser des frontières sur des portions de l’habitat de ces animaux » avance-t-il avec raison.

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