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Nouvelles campagnes de fouilles sur les épaves de Franklin

Nouvelles campagnes de fouilles sur les épaves de Franklin

Les archéologues de Parcs Canada ont mené deux nouvelles campagnes de fouilles en 2017 sur les épaves de l’expédition de Franklin. Il s’agissait de la quatrième mission entreprise sur l’épave de l’Erebus depuis sa découverte en septembre 2014, tandis que l’on explorait pour la deuxième fois la coque du Terror, retrouvée en septembre 2016.
La campagne de documentation de ces deux épaves, parmi les plus célèbres du monde, est entrée l’été dernier dans une nouvelle phase qui va permettre d’établir des bases de travail plus permanentes. La stratégie qui se déploiera à partir de l’an prochain va consister à installer des campements sur la glace au printemps et sur la terre ferme pour toute la durée de la saison de navigation. Des conteneurs abritant un laboratoire de fouilles et de l’équipement de plongée seront remorqués sur une barge depuis le village le plus proche, Gjoa Haven. Les plongeurs bénéficieront d’une alimentation en air depuis la surface, d’un dispositif d’injection d’eau chaude dans leur combinaison et d’une chambre hyperbare pour assurer leur sécurité. Ces nouveaux éléments vont autoriser des séjours prolongés sous la surface de manière à exploiter au mieux la courte fenêtre d’exploration possible dans l’Arctique.
On aménagera également des abris permettant aux équipes de vivre, de travailler et de se reposer sur place, sur la glace au printemps et sur la terre ferme en été. Le David Thompson, un ancien navire de patrouille de pêche de 29 m acquis récemment de la Garde côtière canadienne par Parcs Canada, servira au transport du matériel et fera aussi office de base d’opération estivale.
La communauté inuite locale est étroitement associée à cette démarche. Les Inuits seront chargés de la surveillance des deux épaves afin de les protéger des visiteurs indésirables pendant toute la saison de navigation. Les Inuits ont également fait part de leur intérêt à développer un projet d’interprétation touristique qui permettrait de faire visiter les sites où reposent les deux épaves. «On pourrait éventuellement proposer des plongées en apnée au-dessus de l’Erebus, on le voit très bien depuis la surface» explique Marc-André Bernier, le chef du Service d’archéologie subaquatique de Parcs Canada.
En attendant cette clientèle de curieux triés sur le volet, les archéologues ont effectué trois plongées sur l’Erebus au cours de l’été. La mission a permis de vérifier la stabilité du site, néanmoins soumis aux mouvements générés par les tempêtes d’automne. De nouveaux objets ont fait leur apparition, boutons d’uniformes et bouteilles de vin, ainsi qu’un petit appareil de navigation, un horizon artificiel.
Une équipe acheminée depuis Cambridge Bay à bord d’un Twin Otter montés sur des skis et une autre venue en motoneige depuis Gjoa Haven se sont retrouvées sur le site du Terror sur l’île du Roi-Guillaume au mois d’avril. La mission de cinq jours a permis de filmer l’épave sous 2 m de glace avec un ROV pendant une dizaine d’heures. Les données recueillies confirment que le bateau se trouve dans un état de conservation tout à fait exceptionnel. Après une immersion de presque 170 ans, le Terror est quasiment intact jusqu’à 3 m au-dessus du pont. Les bossoirs, la base des mâts, le beaupré et la barre à roue sont demeurés en place. Les ancres, toujours à poste, indiquent que le navire n’était pas au mouillage lorsqu’il a été entraîné par le fond. Le gréement repose sur le fond à côté du navire, ainsi qu’une chaloupe complète.

Une campagne 2018 très prometteuse

Le Service d’archéologique subaquatique bénéfice d’un budget de fouilles pour les trois prochaines années. Les prochaines missions vont permettre d’explorer l’intérieur des épaves de manière systématique avec des caméras téléguidées, puis d’introduire de petits ROV capables de recueillir des artefacts. L’exploration de la cabine des officiers de l’Erebus est l’une des priorités figurant au sommet de la liste des archéologues qui espèrent y retrouver un carnet de bord.
Un autre volet exploratoire va consister à sonder le fond marin afin de baliser de nouveaux chenaux d’accès vers les épaves. Toutes deux reposent sur des zones peu ou pas cartographiées, ce qui complique d’autant les manœuvres d’approche avec des navires à fort tirant d’eau. Les cinq semaines libres de glace qui vont débuter au mois d’août 2018 seront certainement très productives pour les archéologues puisqu’ils travailleront dans les meilleures conditions jamais mises en place pour fouiller les deux navires.
Les amateurs d’archéologie maritime noteront dans leur calepin la présentation de l’exposition L’expédition Franklin au Musée canadien de l’histoire à Gatineau du 2 mars au 30 septembre 2018.

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