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Un nouveau Blue Nose II

Un nouveau Blue Nose II

En 2010, la Nouvelle-Écosse annonçait qu’elle consentait un investissement de 14,5 millions de dollars pour restaurer le Blue Nose II. Quarante-sept ans après son lancement en 1963, la réplique de la fameuse goélette était parvenue au terme de sa vie utile. Le contrat a été accordé à Lunenburg Shipyard Alliance, un consortium de trois entreprises néo-écossaises: Lunenburg Industrial Foundry & Engineering, Covey Island Boatworks et Snyder’s Shipyard. On a érigé sur les quais de Lunenburg, à deux pas du Fisheries Museum of the Atlantic, une impressionnante charpente d’aluminium recouverte de plastique pour abriter le chantier. Le Blue Nose II n’a cependant jamais pénétré dans ce hangar, pour la bonne raison qu’il a été tout bonnement déchiqueté et que ses restes ont été brûlé. Lunenburg Shipyard Alliance a offert deux choix à son client, le gouvernement de Nouvelle-Écosse: restaurer le bateau ou en construire un neuf. On a retenu la seconde solution, jugée plus rationnelle et surtout plus rentable à long terme. Du Blue Nose II, on a conservé un mètre cube de bois, la mature, le gréement, les voiles, l’accastillage et quelques panneaux de pont.

Dans l’esprit de tous, la restauration signifiait le remplacement des principaux éléments de la structure, pas une destruction. Le passage à la moulinette de la goélette emblématique a suscité une controverse en Nouvelle-Écosse, principalement en raison du caractère très discret, pour ne pas dire secret, de l’opération. Le charpentier de marine Matt Durnford, qui a travaillé en 1963 sur le chantier du Blue Nose II, n’a pas apprécié la manœuvre. «Ce qui me dérange, c’est qu’ils ont tenu la chose secrète. On aurait dû offrir la chance au public de dire adieu à ce bateau, d’en garder un petit morceau en souvenir.» fait remarquer M. Durnford.

Pour les responsables du projet de reconstruction, apposer le chiffre 3 derrière les deux mots hautement symboliques de Blue Nose apparaissait un peu comme un sacrilège. Ils se défendent en outre en faisant valoir que la loi sur la marine marchande du Canada n’oblige pas le propriétaire à changer le nom d’un navire après une reconstruction et que cette dernière a lieu dans la même ville où le premier Blue Nose a été construit. Quant au gouvernement, il juge avoir fait le meilleur choix pour les contribuables néo-écossais. Nouveau bateau pour les uns, restauration pour les autres, personne n’a vraiment réussi à se mettre d’accord. D’autres encore jugent cette controverse bien inutile. C’est le cas de l’un des ouvriers du chantier qui a déclaré «Ne le dites à personne, mais je travaillerai ici pour rien».

Pour Tim Edwards, directeur de la Nova Scotia Boatbuilders Association (NSBA), ce chantier représente une opportunité en or de démontrer le savoir faire et l’expertise des chantiers navals de Nouvelle-Écosse pour tenter de décrocher d’autres contrats de ce genre. Il souligne aussi que quatre apprentis participent au Boat Builder Apprenticeship Program, un programme de formation de main d’œuvre qui n’existe nulle par ailleurs au Canada.

Le nouveau Blue Nose II sera lancé en 2012. Il ne sera pas identique au navire détruit et sera plus fidèle à son illustre ancêtre quant à son plan de pont et ses aménagements intérieurs. La construction de la réplique du Blue Nose avait été financée en 1963 par la famille Oland et les aménagements correspondaient à l’utilisation qu’elle comptait faire du bateau à titre privé. Le chantier a également choisi de mettre en œuvre des techniques de construction plus modernes en fabriquant les couples en bois lamellé collé avec de la résine époxy. Le chantier est ouvert au public et l’on peut aussi s’offrir une petite visite virtuelle par l’intermédiaire d’une webcam.

http://www.novascotiawebcams.com/south-shore/bluenose-ii.html

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