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    Mylène Paquette, la rameuse océanique

    Mylène Paquette, la rameuse océanique

    «J’ai su dès le départ que je voulais traverser l’Atlantique à la rame en solitaire» lance Mylène Paquette lorsqu’elle évoque son premier contact avec la rame océanique. La jeune femme, qui en 2007 cherche tout simplement un sport pour se mettre en forme, tombe par hasard sur le site Internet de la rameuse française Maud Fontenoy, la première femme à traverser l’Atlantique (2003) puis le Pacifique (2005) à la rame. Une rencontre fortuite qui tient lieu de révélation. En 2008, Mylène débute ses périodes d’entraînement à bord d’un skiff sur le bassin olympique de l’île Notre-Dame. Elle noue à la même époque des contacts via Facebook avec le petit club très circonscrit des rameurs océaniques. Anglais, français, irlandais et états-uniens, tous se connaissent dans cette petite clique de galériens volontaires. En 2009, elle parvient à gagner la confiance d’un équipage masculin de cinq rameurs qui l’invite à se joindre à eux. Elle sera la sixième à bord de Sara G pendant 58 jours de traversée entre le Maroc et la Barbade. Le 10 mars 2010, elle devient ainsi la première québécoise à avoir traversé l’Atlantique à la rame. Pas mal pour une fille qui ne faisait pas de sport et voulait perdre un peu de poids trois ans auparavant!

    Après dix heures de rame quotidienne pendant deux mois, Mylène Paquette sait que son objectif d’une traversée de l’Atlantique en solitaire par une route plus nordique que celle des Alizés est maintenant à sa portée. Le récit de sa première traversée et l’annonce de son projet d’une traversée de 2 700 milles de Gaspé aux Sables d’Olonne ne laissent personne indifférent. L’achat d’un bateau rend le projet encore plus tangible. De fil en aiguille et avec une belle dose de spontanéité, une équipe de soutien technique se constitue assez rapidement autour d’elle. Routeur météo, préparatrice physique, avocat, ingénieur, médecin, agence de communication, le projet suscite l’adhésion, mobilise de l’énergie, prend de l’ampleur et des proportions inattendues.

    Les tentatives de traversée de l’Atlantique à la rame se font le plus souvent sur la route des Alizés. Les routes plus nordiques, comme celle que Mylène veut emprunter, s’avèrent plus difficiles et l’on répertorie à ce jour trente-quatre tentatives, comptant douze succès, vingt-deux échecs et trois disparitions. Des chiffres qui résument fort bien le niveau de difficulté comme les dangers inhérents à un tel défi.

    À une vitesse moyenne de 1,75 nœud, on parcourt tout au plus une quarantaine de milles par jour. À la rame, le bateau navigue à environ 2,5 nœuds, 3 nœuds quand les vagues le poussent. Dans les périodes de repos, on peut compter sur un courant portant de 0,5 nœud, un pilote automatique se chargeant de garder le cap. Mylène Paquette prévoit ramer 12 h par jour en quatre périodes de 3 h entrecoupées chacune d’un moment de repos de 1h 15 à 1h 30 min. La traversée est donc très longue et expose obligatoirement les navigateurs à plusieurs coups de vent pendant lesquels le bateau se met à la cape en utilisant traînards et ancre flottante.

    Une préparation rigoureuse constitue le seul gage de succès de pareille entreprise. Le bateau acheté en Angleterre l’an dernier par la jeune rameuse va nécessiter une série de modifications. L’embarcation conçue pour la route des Alizés devra être mieux adaptée aux latitudes nordiques. La cabine arrière sera rallongée de 45 cm afin d’y loger un sas où la rameuse pourra enfiler ses vêtements de mer et boucler son harnais avant de sortir sur le pont. «Il faut suivre une procédure très rigoureuse» précise Mylène, «on se sort jamais sans son harnais.» Le petit espace de vie à l’arrière, protégé par un panneau d’accès étanche, permettra de conserver la cabine et le matériel électronique à l’abri de l’humidité. D’après l’expérience glanée auprès d’autres rameurs, les téléphone Iridium ne font pas long feu dans les environnements trop saturés d’humidité, privant alors les navigateurs de tout moyen de communication. Le franc bord du bateau sera également relevé afin de mieux protéger le poste de nage des paquets de mer. Des panneaux solaires et une éolienne assureront l’autonomie énergétique servant au fonctionnement de l’électronique et d’un dessalinisateur. La préparation du bateau va s’effectuer sur les bords de la rivière Richelieu, sur le site de la Marina Lennox qui a offert son soutien technique.

    La date de départ, prévue initialement en juin 2011, a été judicieusement reportée au début de la saison 2012 afin de permettre à la rameuse de prendre le temps nécessaire pour préparer soigneusement son bateau et parfaire sa formation en météorologie, navigation et gestion du sommeil. Mylène mettra l’été 2011 à profit pour accomplir plusieurs parcours d’entraînement, sur le lac Ontario et entre Gaspé et les îles de la Madeleine.

    La jeune rameuse océanique de 32 ans se consacre à plein temps à son projet de navigation transatlantique. Seulement trois autres femmes ont déjà effectué ce type de parcours, mais aucune nord-américaine jusqu'à présent. 

    À propos de L’Escale Nautique

    L’Escale Nautique est une publication indépendante qui sert le marché de la navigation de plaisance depuis 1995. Elle présente aujourd’hui le plus fort tirage payé de toutes les publications nautiques au Québec. L’Escale Nautique est distribuée à tous les membres de la Fédération de voile du Québec, ainsi qu’aux membres francophones des Escadrilles canadiennes de plaisance.

    Le Guide du tourisme Nautique est un guide de navigation publié chaque année depuis 1997. Il s’agit à l’heure actuelle du guide de navigation le plus documenté des principaux plans d’eau du Québec, scrupuleusement remis à jour chaque saison.

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