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Mylène Paquette a mis le cap sur Lorient

Mylène Paquette a mis le cap sur Lorient

Le 9 mai dernier à la Marina de Rimouski, Mylène Paquette a remis à l’eau l’embarcation à rames de 7,30 m de long avec laquelle elle va s’attaquer à la traversée de l’Atlantique nord en solitaire cet été. Le parrain Boucar Diouf, océanographe et humoriste, a fait couler le champagne sur le canot rebaptisé Hermel, en hommage à Hermel Lavoie, un Rimouskois qui est devenu au fil du projet le préparateur bénévole du bateau. M. Lavoie, qui s’est impliqué spontanément dans l’équipe de Mylène Paquette pendant plus d’une année à temps plein, est à l’image de la petite troupe de bénévoles qui gravite autour du projet depuis maintenant plus de deux ans. La rameuse est devenue sans le vouloir vraiment une patronne de PME qui coordonne les services d’une équipe de 38 personnes qui ne se connaissent pas toutes entre elles et qui lui fournissent leur expertise respective, pour la plupart gratuitement. Médecin, routeur météo, mentor, diététiste, conseiller en communication, comptable, cameraman, préparateurs et spécialistes techniques….Mylène a entraîné beaucoup de monde dans son sillage. Communicatrice naturelle, dotée d’un charisme qui ne laisse pas indifférent, la jeune femme, qui gagne sa vie comme conférencière depuis plus de deux ans, s’est découvert un tempérament de rassembleuse et de leader. «Ça va m’aider quand je serai au large, tous ces gens qui se sont tenus derrière moi»  confie la rameuse qui a connu une période très difficile sur le plan financier l’hiver dernier. Ramer pour trouver de l’argent et les moyens de faire aboutir son expédition s’est avéré plus difficile encore qu’elle ne l’imaginait. Elle a lancé au mois de mai une souscription publique sur Internet afin de trouver les 45 000 $ manquants pour boucler son budget. Un peu plus de 10 000 $ avaient été recueillis au moment d’aller sous presse.

Faute d’avoir réussi à trouver en espèces sonnantes une bonne part du budget de l’expédition, elle a obtenu beaucoup de services et de l’équipement à bon prix. À ce jour, plus de 130 000 $ ont déjà été investis dans la préparation et l’armement d’Hermel. Depuis 2011, le canot construit en Angleterre a subi toute une cure de jouvence. Après un premier séjour dans les ateliers de Léo Leblanc aux îles de la Madeleine, le bateau a été rapatrié à Rimouski où Hermel Lavoie s’est donné cœur et âme pour le préparer à affronter l’Atlantique. «Il a quasiment subi une reconstruction» témoigne Mylène. Une cabine arrière rallongée afin d’y aménager un sas, un tableau arrière et le système de gouvernail renforcés, beaucoup d’éléments de la structure ont été solidifiés, notamment ceux susceptibles de recevoir des impacts. Névralgique pour une solitaire au large pendant plus de trois mois, le système électrique a été complètement refait. Les panneaux solaires qui alimenteront Hermel en énergie ont été réinstallés sur de solides cadres. Ils serviront à faire tourner le dessalinisateur et à alimenter les indispensables appareils de communication. Trois nouvelles paires de rames en carbone l’aideront à franchir les 2700 milles qui séparent la Nouvelle-Écosse de la Bretagne.

Le défi est immense pour Mylène. Même si elle a déjà traversé l’Atlantique sur la route des alizés en équipage en 2009, la partie s’annonce corsée. Une dizaine de personnes et deux femmes seulement ont réussi à boucler ce parcours difficile. Elle a appris à connaître son bateau lors d’une descente du Saint-Laurent de Montréal aux îles de la Madeleine en 2011. Une fracture au bras a hypothéqué la saison 2012 qu’elle a mise à profit pour traverser l’Atlantique nord à la voile avec Jean Gagnon à bord de Namasté 2. Une façon pour elle de se familiariser avec un environnement qui lui était inconnu jusqu’à présent et qui ne semble pas l’avoir intimidé.

Mylène Paquette veut ramener un livre et un film au bout de son aventure, mais elle recueillera également des données scientifiques pendant sa traversée. L’ISMER, l’Institut des sciences de la mer de Rimouski, lui a confié une tâche de recherche acoustique. Elle enregistrera la signature sonore des navires chaque fois qu’il s’en signalera un sur le récepteur AIS et elle immergera sa sonde pendant toutes ses périodes de repos pour capter les signaux acoustiques de tout genre. Elle aura probablement jeté ses premiers coups de rame au départ d’Halifax au moment où vous lirez ces lignes, mais vous pouvez suivre sa progression quotidienne en direction de Lorient sur son site Internet. Elle estime à une centaine de jours la durée de sa navigation qui ferait d’elle la première nord-américaine à réussir pareille expédition. Tous nos vœux de réussite l’accompagnent.

www.mylenepaquette.com/

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