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    Le passage du Nord-Ouest par le détroit de McLure

    Le passage du Nord-Ouest par le détroit de McLure

    Le navigateur montréalais Nicolas Peissel faisait partie de l’expédition et tire la sonnette d’alarme sur le bouleversement climatique en cours.

     Fonte des glaces aidant, la route du passage du Nord-Ouest s’ouvre un peu plus à chaque saison estivale. Cette navigation autrefois réservée aux explorateurs polaires et aux navigateurs les plus endurcis est désormais à la portée des bateaux de plaisance et plusieurs s’y risquent chaque été. Les navigateurs suivent habituellement la route empruntée par Amundsen (entre 1903 et 1905) au sud de l’île Victoria pour déboucher dans la mer de Beaufort. Jamais encore un seul d’entre eux n’avait osé se risquer sur une route plus septentrionale par 74° de latitude nord à travers les détroits de Melville et McLure.

    En 1850 John McClure, à bord de l’Investigator, s’était engagé dans ce détroit, qui porte aujourd’hui son nom, alors qu’il cherchait les traces des navires disparus de Sir John Franklin. Retenu pendant trois ans par les glaces au nord de l’île Banks, l’Investigator fut abandonné par son équipage dans Mercy Bay où les archéologues de Parcs Canada l’ont retrouvé en 2011.

    Au mois d’août dernier, Belzebub II, un voilier de 31 pieds en fibre de verre, a eu l’audace de s’engager dans ces détroits très nordiques, des voies de navigation jusque-là réservées aux brise-glaces. L’équipage cosmopolite composé du skipper suédois Edvin Buregren, du Montrélais Nicolas Pessel et de son cousin bostonnais Morgan Peissel devenait le premier de l’histoire à contourner les îles Victoria et Banks par leur rive nord à bord d’un bateau de plaisance.

    Les trois jeunes navigateurs n’étaient certes pas peu fiers d’avoir réussi leur coup sur une route aussi périlleuse, mais le communiqué rédigé à la fin du mois d’août n’avait rien de triomphaliste. La réussite de leur navigation voulait démontrer l’échec d’une civilisation incapable de respecter la nature, de revoir ses modes de fonctionnement et de prendre acte des profonds bouleversements qui nous attendent. « Notre navigation à travers un détroit qui était toujours resté bloqué par la banquise par le passé est une preuve irréfutable du retrait des glaces polaires» concluaient les trois navigateurs dans un communiqué diffusé aux médias.

    En novembre dernier, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) indiquait que la banquise de l’Arctique avait atteint en septembre 2012 un niveau record de perte de sa superficie. «La banquise a fondu cette année à un rythme alarmant qui met en lumière les profonds bouleversements survenant dans les océans et la biosphère.» concluait l’OMM.

    En décidant de suivre une route qui longeait la limite de la banquise, Nicolas Peissel et ses camarades voulaient voir leur Belzebub comme «un canari dans la mine de charbon». Le message d’avertissement des trois navigateurs a retenu l’attention de journalistes un peu partout dans le monde et fait son chemin dans les médias. Al Gore s’est servi de l’histoire pour illustrer ses propos sur les changements climatiques à l’occasion d’une émission télévisée.

    Nicolas Peissel est originaire de Baie d’Urfé. Il a grandi sur les bords du lac Saint-Louis où il s’est initié à la régate dans les yachts clubs. Mais le jeune homme âgé aujourd’hui de trente-cinq ans, «ne voulait pas passer sa vie à faire des triangles olympiques». Il a voyagé, travaillé dans la réparation navale un peu partout dans le monde et débuté sa carrière de navigateur hauturier en effectuant une double traversée de l’Atlantique. Il préparait une prochaine navigation dans l’Arctique lorsque le téléphone a sonné. En Suède, à l’autre bout du fil, son camarade Edvin Buregren rêvait du passage du Nord-Ouest. La suite de l’histoire s’est enchaînée en quelques mois à peine.

    Edvin vient de faire l’acquisition de Belzebub II, un Hallberg-Rassy de 9,30 m construit en 1976. Le convoyage du voilier depuis la Suède à destination du Groenland et de Terre-Neuve à l’été 2011 constitue un bon galop d’essai et un premier contact avec la glace. Le début de la saison suivante permet de compléter les préparatifs.

    L’équipage qui cherche à attirer l’attention sur la fonte des glaces prévoit de faire le tour de l’île Devon, au nord du détroit de Lancaster, avant de s’engager plus à l’ouest. Si près de la banquise, le pari est risqué. Raison pour laquelle le voilier contient suffisamment de nourriture pour un éventuel hivernage. Les trois hommes disposent également de l’équipement nécessaire pour franchir 500 km à pied. Enfin, une somme de 20 000 $ est mise de côté pour faire appel à un avion de sauvetage privé.

    La navigation autour de l’île Devon s’avère très ardue et le bateau est stoppé par la banquise dans le détroit de Jones. Il doit rebrousser chemin et attendre à Resolute que les détroits s’ouvrent. La décision est difficile à prendre. Un contact au Service canadien des glaces, Jacques Collin, expédie un message le 28 août indiquant qu’il n’est pas recommandé de naviguer dans le détroit de McLure mais que le vent va repousser la glace et ouvrir un passage temporaire au nord de l’île Banks. Les trois navigateurs décident de tenter leur chance entre la banquise et le littoral. Ils ont juste assez de temps pour se faufiler dans le passage qui se referme très rapidement derrière eux. Après deux nuits blanches, Belzebub II réussit à franchir le détroit et débouche dans une mer de Beaufort où la banquise a déjà disparu.

    Revenu à Montréal, Nicolas Peissel prépare déjà sa prochaine expédition. Il veut retourner dans l’Arctique sur un bateau avec du personnel scientifique, partager sa passion pour les régions nordiques et faire passer son message d’éducation scientifique au commun des mortels.

    Le site Internet de l’expédition: http://belzebub2.com

    À propos de L’Escale Nautique

    L’Escale Nautique est une publication indépendante qui sert le marché de la navigation de plaisance depuis 1995. Elle présente aujourd’hui le plus fort tirage payé de toutes les publications nautiques au Québec. L’Escale Nautique est distribuée à tous les membres de la Fédération de voile du Québec, ainsi qu’aux membres francophones des Escadrilles canadiennes de plaisance.

    Le Guide du tourisme Nautique est un guide de navigation publié chaque année depuis 1997. Il s’agit à l’heure actuelle du guide de navigation le plus documenté des principaux plans d’eau du Québec, scrupuleusement remis à jour chaque saison.

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