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De Formule Tag à Energy Observer

De Formule Tag à Energy Observer

Si les bateaux ont un destin, celui de Formule Tag, le plan de Nigel Irens construit à Montréal dans les ateliers de Canadair par l’équipe de Mike Birch, marquera les esprits par ses multiples capacités d’adaptation. En 1983, ses 24,38 m de longueur en font déjà le plus grand catamaran de course au large jamais construit. Et c’est aussi la première fois que l’on utilise de la fibre de carbone pré-imprégné que l’on fait cuire au four à 120° C, une technologie structurelle utilisée alors seulement dans l’aéronautique.

En 1994, rallongé de 2 m, il s’appelle Enza New Zealand et inscrit son nom en enlevant le Trophée Jules Vernes en 74 jours aux mains de Peter Blake et Robin Knox-Johnston. Il emmène ensuite un équipage féminin dans une nouvelle tentative autour du monde avec Tracy Edwards. Le Britannique Tony Bullimore porte sa longueur à 30 m pour deux autres virées autour du monde. Après avoir chaviré et démâté dans le golfe de Gascogne en 2010, le catamaran désarmé attend de meilleurs jours dans un hangar à Brest….

Il est racheté en 2012 par un groupe qui lui propose un changement de vocation drastique en l’engageant dans la promotion des énergies renouvelables. À partir de 2015, l’équipe mise en place par Fred Dahirel et Victorien Érussard le transforme en navire autonome en énergie. La structure est mise à nue et on lui ajoute une nouvelle nacelle centrale plus grande. Méconnaissable sans ses mâts, le grand catamaran est devenu Energy Observer, un oiseau d’exploration du futur, un pionnier de l’utilisation de l’hydrogène comme source d’énergie.

Mike Birch, en visite à Saint-Malo où le bateau était exposé au public au mois d’avril, devait se gratter la tête devant les 130 m2 de panneaux photovoltaïques. Les moteurs électriques sont aussi alimentés par deux éoliennes, convertibles en hydrogénérateurs lorsque le cerf-volant de 50 m2 sera déployé. Les panneaux solaires ne suffiront cependant pas à assurer la propulsion sur de longues distances. Les piles à combustible à l’hydrogène prendront alors le relais. Et pour ne pas tomber à cours de carburant, l’équipe d’Energy Observer s’est donnée pour mission d’en produire à bord ! Un objectif pour le moins ambitieux. Il faudra pour cela dessaler de l’eau de mer, l’expédier dans un dispositif électrique pour décomposer les molécules par hydrolyse, récupérer l’hydrogène par évaporation et le comprimer ensuite dans des réservoirs. Physiciens et chimistes auront du travail à bord…..

Mis à l’eau le 14 avril à Saint-Malo, le catamaran de l’exploration énergétique sera à Paris à la fin du mois de juin et effectuera une tournée de différentes villes françaises pour le reste de l’année 2017. Le projet consiste ensuite à le lancer dans une expédition de 6 ans autour du monde. On peut dire que la peau de Kevlar de Formule Tag a la vie dure et de la suite dans les bordés.

 


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